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Communiqué de presse


« Mehdi Meddaci développe un travail artistique construit par strates successives sous forme de dispositifs ou d’images autonomes qui font dialoguer photographie, vidéo et cinéma. A l’image d’une « mer au milieu des terres », tout réside dans le déplacement, entre le son et l’image, le document et l’artifice, entre le vacillement des corps et la prégnance des paysages. Le montage entre tient chez le spectateur un certain élan à déconstruire pour recréer et valoriser la présence de mondes possibles.
Le visible est porté par l’étrange sensation d’un manque, celui d’une Histoire, peut-être. »















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Exposition du 19 octobre au 29 décembre 2013. Centre d’art contemporain château des Adhémar, 24 rue du Château - 26200 Montélimar. Tél.: +33 (0)4 75 00 62 30. Ouverture tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.

  Mehdi Meddaci, En attendant

  Château des Adhémar, Montélimar

  19.10 - 29.12.2013


Myriam Méchita, Entrer dans la nuit de la nuit

Mehdi Meddaci développe une pratique qui navigue entre photographie et vidéo installations, déclinant l’ensemble de ses productions sur les deux modes, allant jusqu’à utiliser des supports intermédiaires comme les diapositives, et jouant de la fixité dans ses vidéos et du mouvement dans ses photos. « Mon approche de l’image fait avancer en parallèle ma pratique photographique et ma tentative cinématographique, et exprime une dualité, une traversée entre deux mondes, qu’ils soient géographiques ou plastiques, réels ou fictifs […] »

Mehdi Meddaci a très rapidement orienté son travail sur les fondements d’une possible mémoire des migrations et des déplacements, de son impact dans la conscience profonde d’un cycle. Il tente d’établir dl’idée d’un exil obsessionnel des populations, et plus particulièrement méditerranéennes. Cette mixité culturelle est une inspiration permanente pour Mehdi Meddaci qui travaille sans cesse sur les images et leurs représentations: partagé entre les deux rives de la Méditerranée, et marqué de ces territoires qui le façonnent, Mehdi dévoile un univers où la mer est une frontière perméable, où l’équilibre des hommes entre les deux terres est incertain, où l’Orient et l’Occident se côtoient.

Avec la pièce intitulée Tenir les murs, il amorce une tentative de définition du cinéma comme le lieu de perception d’un « corps qui regarde défiler du temps ». Avec celui-ci, Mehdi Meddaci part à la recherche d’un film qui questionne les limites du cinéma en détournant l’expérience de l’attente. Si Murs était une pièce présentée en vidéo installation, Tenir les murs se présente sous la forme d’un film qui s’épanouit à l’échelle d’une salle du logis, orchestré selon le protocole autour d’une lenteur de déroulé des images et adjoint de systèmes sonores délicats.

Avec Alger la blanche, le ralenti confère, quant à lui, de la majesté aux mouvements d’un corps drapé dans un haïk blanc immaculé marchant dans la baie d’Alger. Sensualité et sérénité surgissent progressivement du corps de cette femme voilée munie d’une arme et qui se déploie dans un étirement théâtral en tirant un cou de feu assourdissant vers le haut. La beauté du geste s’accorde avec l’effet de surprise produit par le sujet et le contexte - le sable, la mer - démunis de toute animosité. Le rythme de l’image suggère une chorégraphie, une nonchalance d’un corps dont la pureté du vêtu est soulignée par un traitement de l’image très esthétisant. C’est une œuvre produite en hommage à sa grand-mère qui a fait de la résistance. Évoquant l’héroïne Nedjma, de Kateb Yassine, qui incarne chez lui la femme fatale, femme étoile, le personnage apparaît aussi comme l’incarnation d’une Algérie profanée et irréductible au prisme du regard colonial.

Au Centre d’art contemporain des Adhémar, Mehdi Meddaci propose d’entrer dans une itinérance qui mènera de la Syrie à l’Algérie, de l’image fixe à l’image filmée. Toutes les pièces qui prendront place stigmatisent le voyage qu’il opère physiquement et mentalement entre ces territoires culturels, dans une dimension poétique au sein de laquelle le temps semble dilaté.

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2013. Tous droits réservés

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